Une loi contre le gaspillage alimentaire (enfin)

Parmi les premières bonnes nouvelles de 2016 : le vote par le Sénat de la mise en application de mesures vers la réduction du gaspillage alimentaire en France !

Le projet de loi, porté notamment par le député socialiste Guillaume Garot depuis la publication de son rapport anti-gaspillage en avril 2015, a fait son chemin durant presque une année pour aboutir à un vote à l’unanimité de l’Assemblée nationale et du Sénat.

alive2green.com
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« Stop au gaspillage alimentaire »

Aux prémices de cette loi, début 2015, sont proposés consécutivement une pétition « stop au gaspillage alimentaire » dont l’auteur n’est autre que le conseiller municipal de Courbevoie Arash Derambarsh, puis le rapport anti-gaspillage présenté par Guillaume Garot. Le but d’Arash Derambarsh est le suivant, obtenir une loi demandant aux supermarchés de donner, soir après soir, tous leurs invendus à l’association de leur choix. Celui de Guillaume Garot et d’un bon nombre de députés favorables à une lutte contre le gaspillage alimentaire : démontrer la gravité et l’urgence de la situation et agir en conséquence.

La loi contre le gaspillage alimentaire et toutes les mesures qu’elle implique est donc proposée en mai 2015 suite à la publication, un mois plus tôt, du rapport anti-gaspillage. Six mois plus tard, le projet de loi est voté à l’unanimité par l’Assemblée nationale. Puis, en ce début de mois de février 2016, le Sénat vote sa mise en application.  La loi anti-gaspillage vise à toucher tout le monde : consommateurs, scolaires, distributeurs, industriels de l’agroalimentaire, restaurateurs.

En effet, pour donner sens à cette loi, quelques chiffres, provenant d’études menées par l’ADEME et France Nature Environnement ainsi que par plusieurs rapports ministériels entre 2007 et 2015, démontrent l’importance et l’urgence de la situation :

  • 1,2 million de tonnes: ce que représenterait le gaspillage alimentaire chaque année (selon une étude de l’Ademe datant de 2007, citée dans un rapport du ministère de l’Ecologie de 2011)
  • 20 à 30 kilos: la nourriture que l’on estime de jetée par chaque français en une année, dont environ 7 kilos de produits emballés et 13 kilos de fruits et légumes abimés, il s’agit ensuite de restes de tables et de produits non consommés (selon un rapport du ministère de l’Ecologie publié en 2012)
  • 12 à 20 milliards: le coût que représenterait le gaspillage alimentaire chaque année à la France (selon une étude récente, citée dans le rapport sur le gaspillage alimentaire remis en avril 2015 par Guillaume Garot)
agriculture.gouv.fr
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Au delà de la prise de conscience

On comprend que face à des chiffres si effarants mais aussi à une situation économique complexe et un pouvoir d’achat s’affaiblissant, des décisions politiques visant à une diminution du gaspillage alimentaire dans un but à la fois économique et environnemental sont nécessaires.

Ainsi, la loi contre le gaspillage alimentaire propose notamment, selon l’article 1er « diverses mesures de lutte contre le gaspillage alimentaire », ainsi qu’une « mise en place de conventions entre les grandes surfaces et les associations pour le don de denrées alimentaires », soit une mission accomplie pour Arash Derambarsh et sa pétition qui avait d’ailleurs récoltée 211 276 signatures.

Quant à l’article 3, il stipule la nécessité d’une « sensibilisation à la lutte contre le gaspillage alimentaire à l’école », une initiative très importante puisqu’il est impératif d’informer chacun quant à la gravité du gaspillage alimentaire actuelle, ainsi que de créer de nouveaux automatismes dans l’appréhension et l’usage de la nourriture, notamment peut-être en informant chaque citoyen ou futur citoyen sur les règles de conservation des aliments. Autre fait remarquable, l’ « inclusion de la lutte contre le gaspillage alimentaire dans la responsabilité sociale et environnementale des entreprises » qu’implique le quatrième article. Chacun – associations, distributeurs, producteurs, restaurateurs et consommateurs – a donc un rôle à jouer dans l’application de cette loi et, de fait, vers une réduction du gaspillage alimentaire.

D’ailleurs, c’est avec joie qu’OptiMiam accueille cette loi anti-gaspillage qui entre pleinement dans notre combat et nos valeurs. D’autres ont d’ailleurs également déjà commencé à œuvrer pour une baisse du gaspillage alimentaire, à l’instar de Zéro Gâchis, CheckFood, ou encore Partage ton frigo.

Le doggy bag, symbole de ce changement nous amènes à penser que la diminution du gaspillage alimentaire semble être en marche. Souhaitons désormais que ces mesures portent leurs fruits et s’étendent à l’échelle européenne, voire mondiale afin d’arriver à une ville modèle tel que San Francisco.

Lola Braux

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